À l’écoute des feuilles

Lecture-Performance > 24.09.2021
Au Centre du Patrimoine Arménien, Valence à 18:30

Lecture-Performance et polylogue poétique de l’artiste Astrid S. Klein et Sylvie Arnaud, (autrice et travailleur social), avec le soutien sonore de Filip Kantinol.

L’ère de l’économie de plantation (Plantationocène, d’après Anna Tsing/Donna Haraway) a été fondée par le colonialisme européen et perfectionnée par la capitalisation. La logique de la plantation imprègne et domine les sociétés actuelles, les habitats et les modes de vie planétaires, les économies, l’écologie, la pensée, les sentiments, et les corps des êtres humains ainsi que toutes les relations humaines et non humaines.
Collectivement, les artistes tentent de tisser de nouvelles lignes de connexion dans une époque de déliaison, d’exclusion, d’inégalité et de destruction des fondements de la vie. Ce faisant, ils font référence à la translocation des acteurs végétaux et des non-humains.
De manière transdisciplinaire, les artistes posent des questions sur les nouveaux modes de communication qui placent l’écoute au centre. Leur pratique artistique repose sur un décentrement de la pensée et de l’action et se déploie de manière translocale et transcontinentale.

Ancienne boursière d’art3, Astrid S. Klein a initié À l’écoute des feuilles dans le contexte de ses recherches sur les nouvelles relations dans un temps de déliasions. L’événement a été rendu possible grâce au soutien du Ministeriums für Wissenschaft, Forschung und Kunst Baden-Württemberg, (Allemagne) et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, en partenariat avec art3 Valence et le Centre du Patrimoine Arménien.


Photo : Astrid S.Klein © 2021

Sylvie Arnaud est Française Afro-descendante. Elle est Commissaire / conseillère en art contemporain, en arts médiatiques et en gestion des Arts. Elle est diplômée en Esthétique de l’art sur la question de l’objet rituel en espace d’exposition et en Conception et mise en oeuvre de projets culturels. Elle travaille sur les thèmes d’histoire, de géographie, d’identités transculturelles et sur les déséquilibres entre mémoires, identités et répercussions mémorielles. Elle est aussi journaliste sur les pages Culture et Société et critique d’art pour différents magazines culturels. Elle travaille parallèlement en qualité de travailleur social dans une Unité de protection des mineurs en Île-de-France qui assure une mission de service public.

Philippe Cantinol – (Filip Kantinol) est un conteur musicien, instrumentiste martiniquais qui représente une oralité affirmée. Il fait exister ses textes à travers gestuelles et chants, questionnant les réalités et les songes avec l’éloquence du conteur de tradition caribéenne puis s’en détache afin d’emprunter des chemins libres et verts.  Il se définit comme un conteur qui dit, chante et danse ses mots. Son instrument de prédilection est le cha cha (percussion afro-caribéenne). Son coup de chacha s’intègre dans divers registres musicaux : «je veux redonner au chacha ses lettres de noblesse et contribuer à ce qu’il redevienne un instrument à part entière, je travaille donc à la maîtrise du rythme et du scintillement des graines ou des billes, ainsi qu’à l’indépendance des mains ». Il collabore à la réalisation de nombreux projets, en concert ou en studio aux côtés de musiciens de renom tels que Alain Jean Marie.

L’artiste allemande Astrid S. Klein a étudié la sculpture à l’Académie des Beaux-Arts de Stuttgart et en études postgradués la vidéo, l’installation et la performance en tant que Meisterschülerin de Joan Jonas. Elle enseigne Artistic Research et Cultural Studies à la Peter Behrens School of Arts de Düsseldorf.
Depuis 2005, elle invite des protagonistes du continent africain, des diasporas africaines, des Caraïbes et d’Europe à collaborer à des projets transdisciplinaires polyphoniques.
Dans sa recherche artistique translocale, le décentrage de sa propre pensée, l’émergence de nouvelles relations à travers d’autres savoirs et les possibilités d’actions communes sont centraux. En cela, elle suit des lignes de connexion et des chemins qui cherchent à laisser derrière eux la bibliothèque coloniale (V.Y.Mudimbe) et à permettre des voisinages vivants, non essentialistes et non innocents.

 

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